In depth : Enquêtes et décryptages sur des chantiers, en cours ou réalisés

Contrairement à la France où la fréquentation des cinémas est, bon an mal an, plutôt en progression (+3,8% entre octobre 2014 et octobre 2015 selon les chiffres du CNC), aux Etats-Unis, « l’autre » pays du cinéma, les salles obscures sont de plus en plus désertées. En 2014, seuls 1,24 milliard de tickets y ont été vendus… des chiffres au plus bas depuis 1995.
Si les efforts pour enrayer cette chute misent sur l’expérience client, le levier est avant tout la technologie. Tournés dans toute une série de formats, les derniers blockbusters permettent des projections en numérique, à l’ancienne, en Imax, en 3D… Les salles elles-mêmes sont de plus en plus équipées. Au Cinérama, à Los Angeles, les projections Imax se suivent sur des sièges à « retour de force », qui décollent littéralement du sol pour accompagner l’action. Au Howard Hugues Center, le procédé « Escape » plonge le spectateur au milieu de trois écrans, en face et sur les côtés, qui l’enveloppent de trois séries d’images. Une révolution ? Juste une évolution du procédé de Polyvision développé pour la première fois par le cinéaste français Abel Gance en… 1927 – à l’époque du muet.
Si la technologie ne suffit pas, il faut donc en faire plus en matière de pop-corn, eskimos et autres dégustations habituelles en salles. Certains multiplexes proposent ainsi tout un service de restauration jusqu’au fauteuil du spectateur. Les fauteuils ressemblant plus à des gros canapés de classe affaires dans les compagnies aériennes, le spectateur est censé se sentir comme chez lui, avec juste un beaucoup plus grand écran. Et des serveurs qui lui gâchent le film en passant devant lui en permanence pour aller servir ses voisins…
En définitive, c’est peut-être le réalisateur Quentin Tarantino qui propose la meilleure expérience : celle, toute simple, d’un vrai cinéma de quartier qui ne passe jamais plus de deux vieux films à la fois, qu’on ne peut voire nulle part ailleurs. Avec son New Beverly, celui qui a grandi dans un vidéo-club rend aux salles obscures ce qui leur revient…

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